Adopté le 23 mars 2026 au cours d’une séance plénière présidée par le nouveau président de l’Assemblée Nationale, Théodore DATOUO, le projet de loi portant prorogation du mandat des députés de neuf mois supplémentaires, allant du 30 mars au 20 décembre 2026, crée la polémique au sein de la classe politique.
La décision ne fait pas l’unanimité. Bien que l’article 15 alinéa 4 de la Constitution autorise le Président de la République à proroger le mandat des députés, les raisons avancées dans ce cas précis ne justifient pas, selon certains acteurs, cette prolongation. Une décision qui suscite de vives réactions, notamment du côté de l’opposition, où certains dénoncent une « manipulation du calendrier électoral ».
Des arguments financiers et techniques contestés

Pour justifier cette prorogation, les pouvoirs publics évoquent d’abord des contraintes financières. En effet, après l’élection présidentielle et les élections régionales, l’État fait face à des tensions budgétaires. Ces difficultés compliqueraient l’organisation simultanée des municipales et des législatives.
Toutefois, cet argument ne convainc pas certains responsables politiques. Le député de l’UDC, Koupit Adamou, rejette cette justification. Selon lui, le budget 2026 avait déjà prévu des fonds pour ces élections.
De plus, il juge incohérent d’évoquer un manque de ressources financières. Il souligne que d’autres événements coûteux restent programmés, notamment certaines rencontres internationales.
Par ailleurs, l’État avance également des raisons techniques. Des dommages subis par ELECAM auraient affecté une partie du matériel électoral. Ces dégâts, liés aux manifestations postélectorales, nécessiteraient un délai pour la remise à niveau.
Cependant, ces explications suscitent aussi des doutes. Koupit Adamou qualifie ces arguments de « dilatoires ». Il estime qu’ils manquent de clarté et de précision.
Selon lui, les dégâts concernent seulement quelques antennes communales. Il évoque au plus six antennes sur 360. Il précise également que le fichier électoral, centralisé à Yaoundé, reste intact.
Malgré ces critiques, le parlementaire reconnaît la légalité de cette prorogation. En effet, la Constitution donne ce pouvoir au président de la République.
Enfin, le processus reste inachevé sur le plan institutionnel. Le texte adopté par l’Assemblée nationale attend encore sa promulgation. Cette étape relève exclusivement du président de la République.
Anita MENOUNGA